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Qualifiée grâce à un Prologue bien mené malgré la reprise de début de saison, la Chenille Insalienne Azimutée (toujours composée d'Albane L., Cédric L., Nicolas V., Sylvain L. et Yoann J) s'est retrouvée les 10 et 11 mai pour le Raid INP, le "vrai" cette fois!

Après 2 jours de folies (rapportés par Albane L. ci-dessous), la CIA pointe le bout de ses ailes à la 3e place du classement Etudiant, et à la 5e position au scratch.

Les résultats complets

Le Raid de la Chenille Insalienne Azimutée

La Chenille Insalienne Azimutée s’étant qualifiée au terme du Prologue, les 5 coéquipiers se retrouvent sur le campus grenoblois afin de récupérer leurs dossards n°3. Un tour en selle sur les VTT révisés par Cyclo Trott, les bagages pactés en soute malgré l’humidité régnant sur celui de Cédric; nous prenons place sur le gazon pour contempler les mollets affutés des concurrents.

Les bus déposent les 30 équipes ainsi que les bénévoles au stade municipal de Corps, les tentes s’érigent au gré des capacités de chacun. Certains ont déployé de véritables camps de base allant jusqu’à apporter guitare et harmonica. Nous dînons au grand air avec une vue splendide sur le Dévoluy: la météo du lendemain promet d’être estivale « rouge au couchant, beau au levant ». Cédric file au briefing capitaine puis annonce le programme.

J1 : Corps > La Mure

Trail 2km / 200 mD- ; VTT ; KV + boucle optionnelle + trail ; Photo ; Trail ; Epreuve Surprise ; VTT ; CO ; VTT

Départ à 7h, les degrés s’élèvent progressivement. Un trail court permet d’étaler le peloton avant le parc à vélos. La transition s’opère avec la traversée du barrage du Sautet et une montée sur route. Le rythme est correct, nous rattrapons les équipes de tête et malgré une chute de Nico et une crevaison nous maintenons une 3ème position sur cette portion. Les zones de portage demeurent brèves mais les crêtes s’avèrent parfois techniques.

Après avoir franchi le col de St Sébastien nous descendons en direction du Lac du Monteynard. Si devant, les 2 premières équipes ont déjà pris le large, nous sommes plusieurs équipes à quelques minutes d’intervalle. Le chemin étant technique et peu large, difficile de doubler ou de se faire doubler; cela crée quelques tensions. C’est toujours un moment magique que de franchir cette passerelle tendue au dessus de Monteynard!

Une dernière grimpette nous conduit au ravito de midi (à 10h). Sylvain répare son frein, signale le problème de chambre (du 28 pouces dans du 29) tandis que Nico fait appel aux mécaniciens pour sa roue voilée. Le ravitaillement est léger pour ne pas subir dans l’ascension prochaine. La chenille s’équipe pour la montée, après 20 minutes de repos, nous voilà repartis.

Yoann a des fourmis dans les jambes et propose d’accrocher dès les 1er mètres, cela impose un rythme. La pente n’est pas régulière mais le chemin est large et peu accidenté, la progression s’avère facile, on distance même une équipe. La 2nde partie du KV est plus roulante, les fondeurs nous dépassent au trot tandis que les actifs de l’équipe 8 reviennent à notre niveau un peu éparpillés « Allez Ju! ». Alors que nous terminons ce KV, les 2 premières équipes (actives) reviennent de leur boucle optionnelle au pas de course. Au final nous réalisons une bonne montée : 5ème à 10 minutes de la tête. Sans hésiter, nous poursuivons l’ascension au milieu des randonneurs (qui nous dévisagent quand ils voient les systèmes de traction) afin de récupérer des bonifications. La pente dépasse les 12% et dans un sens comme dans l’autre la course est délicate.

Nous reprenons par un plateau voyant en contrebas La Mure, l’essentiel du dénivelé est effectué, il faut désormais préparer une bonne CO. Nous sommes au pas quand l’équipe 4 « Farfaline & les Gnocchis » nous dépasse au trot. Un petit stop afin de faire une photo, soyons créatifs; lors de la projection dans le réfectoire le soir nous sommes sollicités à l’applaudimètre! Les hommes en tutu nous gratifient également d’une pose mémorable. Dommage que cette année, cette pose se limite à la beauté du geste et du cliché. Quelques hésitations sur le chemin à prendre mais nous atteignons détachés la zone de l’épreuve surprise.

Non Yoann pas « du ski avec des roues en caoutchouc ». Une bâche tendue sur plusieurs mètres: un ventre-y-glisse ? Que nenni ! Crachat de noyau d’olive (pour info: une fédération existe). Chacun sa technique, Cédric tente même l’horizontal… Mais il faut croire qu’il nous restait du souffle, on se classe 5ème. Tous en selle pour l’ascension jusqu’au plateau (au passage Cyclo Trott a réparé la double crevaison de Sylvain à son insu; merci), la piste est large mais les jambes se font farouches à l’effort… Encore un effort la CO n’est plus très loin.

Transition vite opérée, nous récupérons les cartes et partons dans la même minute que l’équipe 4. La majorité de l’épreuve se déroule à flanc et essentiellement à découvert, les balises sont visibles à plus de 200 m! Nous progressons avec un rythme soutenu en envoyant des coureurs récupérer les balises, toujours à vue. Encore un effort pour remonter vers l’arrivée, un bip et nous voilà repartis tout sourire (on gagne 2 minutes sur l’équipe 4) car le contrat est rempli: 49 minutes et la totalité des balises.

La suite du VTT consiste en une descente vers La Mure, Sylvain est vigilant sur l’orientation et nous conduit sans heurt à bon port. Il est 15h, nous franchissons l’arche. Place au repos: douche (froide…), ravitaillement, sieste et massage. Ce soir nous serons en gymnase, pas de tente à installer.

Les bénévoles accomplissent un travail formidable; souriants, attentionnés, agréables: tout est fait pour nous faciliter la vie. Viens l’heure du briefing et des 1ers résultats. Les orgas n’ayant pas pu soustraire les bonus et la CO, les classements sont établis sur les temps de course moins 1h15 de CO et 20 min de hors chrono. A ce stade nous sommes 4ème mais 4 équipes sont dans un mouchoir de poche. Loin devant (45 min) la victoire se jouera entre les Speed Raideurs et les Dahus. Après moult hésitations, les consignes sont délivrées. Au programme du lendemain: 80 km de course pour 2600 mD+; hum ça sent le VTT! 2 boucles optionnelles l’une en trail l’autre en VTT permettent de récupérer (1h15+1h30=)2h45 de bonus. Elles sont autorisées pour les 5 équipes de tête et celles pointant à moins d’une heure.

Sylvain nous enrichit de ses connaissances de La Mure glanées lors de sa promenade apéritive.

J2 : La Mure > Poisat (1er jour des Saints de Glace tiens donc…)

Nous ouvrons les yeux à 5h, les gouttes résonnent sur les tôles du toit… départ à 6h30 (6h40 donc 10 minutes d’attente devant l’arche sous la pluie). Le peloton s’élance pour 5km / 170 mD+ en VTT, après un tour en ville nous rejoignons les chemins. Sous ce mauvais temps l’orientation s’avère délicate, nous ne faisons pas d’erreur en restant prudents (merci L’ami-ge). Allez hop, c’est décidé on part sur l’optionnelle VTT, la montée vers la Pierre Percée est roulante puis poussante… On dépasse une équipe étudiante en train de réparer et nous rattrapons l’itinéraire obligatoire jusqu’au trail.

Initialement nous devions faire une boucle de 4.5km / 400 mD+ suivi d’une optionnelle nous conduisant à 1960 m (lac Charlet) mais les conditions ne le permettant pas, le bonus s’obtient en faisant 2 fois le parcours. L’équipe 4 quitte la zone de transition 1 minute avant nous, les Tutus nous indiquent 45 min pour la boucle. Le bonus étant d’1h30, on peut gagner 45 minutes sur cette optionnelle. Nous voilà lancés, l’ambiance est à la plaisanterie. La pluie ne cesse que très rarement de tomber mais l’effort nous réchauffe. Le terrain gras devient bourbier après le passage des équipes. Les bénévoles au sommet (qui n’ont toujours pas de bière) pensent qu’on passe pour la 2nde fois, vous faites erreur les gars mais ne bougez pas on remonte. Ils n’ont pas bougé mais cette 2nde boucle nous positionne en dernière place du parcours. Seules 5 équipes auront fait la totalité des boucles bonus…

Cédric plante son bâton dans la dernière ascension, celui-ci reste droit au milieu de chemin. Sylvain fermant la marche (il étudie la suite du parcours) l’évite tel un slalomeur, et quelques kilomètres plus loin nous avons le droit à cette conversation, venue d’ailleurs.
- Sylvain: « Ben Cédric, t’as qu’un bâton »
- Cédric: « Oui, tu ne l’as pas ramassé ? »
- S: « Je ne l’ai pas vu »
- C: « Tu es passé à côté »

Haha!! bon on le signale aux bénévoles pour les fermeurs !

Allez hop sur les VTT, Sylvain nous annonce 2 bosses avant le repas de midi. Les organismes sont éprouvés par le froid et les km mais on s’accroche. Hélas cette partie n’est pas roulante du tout: crêtes très techniques puis loooong sentier/bourbier. Petit coup de mou général, en plus nous fermons la marche et l’équipe 4 a presque 15 minutes d’avance. Crotte!! Nico n’aime pas la boue.

Enfin, la délivrance, le hors chrono pour déjeuner. Il reste encore un bout de chemin avant le biathlon 300/400 mD+ et 900 mD- pour 12/13 km. Frigorifiés, nous quittons le ravito, pas ravis d’avoir encore tout ce chemin à parcourir. Heureusement le terrain s’avère plus roulant, bien qu’ascensionnel… nous progressons sur la route; Cédric récupère derrière Sylvain. Le soleil sort, nous sommes de nouveau sec et presque biens. Après une descente sur piste, aux vues des conditions, la route initiale par les singles a été déviée, nous arrivons au biathlon.

Arrêt chrono en attendant notre passage, nous serons confrontés à 4 autres équipes. Les premiers sont déjà à Paul Mistral… La pression envahit certains, comment les jambes vont-elles réagir ? Il ne faut pas perdre de temps, nous avons besoin de bonification tant l’équipe 4 a mieux roulé en VTT! Malgré des lucidités divergentes (difficiles d’enfiler 2 casques sur une même tête) nous réussissons un brillant 25/25 au tir et remportons cette épreuve haut la main (25 sec d’avance sur les seconds).

Sereinement, nous repartons pour la dernière partie du raid. Nous sommes à Vizille et devons rejoindre Eybens: 15km 450D+ environ. Un joli train se forme Sylvain – Yoann – Cédric, Nico ouvre et je ferme la marche. Sans incidents, le rythme est soutenu, on livre nos dernières forces dans la bataille surtout que les orgas aux croisements nous communiquent toute leur énergie. Il faut relancer régulièrement, les cuisses tirent mais quand Sylvain annonce une arrivée imminente, la course folle est lancée, aucune bride! Tant et si bien que Cédric abandonne son dérailleur au milieu des rayons de sa roue arrière à 250 m de la ligne, il finit en courant et Sylvain avec un vélo à bout de bras. STOP

Nous voilà arrivés, la réparation peut s’effectuer calmement. Retour via les pistes cyclables jusqu’au PPM. L’attente des podiums voit l’orage arriver, le vent se lève. Nous récupérons nos t-shirts du Challenge des Ecoles conquis sur le Prologue. Puis les actifs voient les Dahus triompher. Pour ce qui est du classement étudiant, c’est un couac qui ne reflète pas le weekend: il faudra attendre le lendemain pour apprendre que nous terminons sur la 3ème marche du podium étudiant (5ème au scratch) 3 minutes à peine derrière l’équipe 4 et 10 minutes derrière les vainqueurs étudiants, il s'en est fallu de peu…

Un grand merci à tous les orgas et les bénévoles qui nous ont encore concocté un très bon cru de Raid INP! Vivement l’an prochain pour la 20ème surement en tant qu’actif cette fois-ci.

Albane L.