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Comme chaque année en novembre, le Beaujolais vert accueillait la Rhône Orientation. Cette course d’orientation est unique en partie à cause de son format beaucoup plus long que les CO habituelles. Elle n’en demeure pas moins technique avec des choix d’itinéraires intéressants. C’est donc la course quasi parfaite pour que les traileurs challengent les orienteurs (et vice versa !).

Cette année, le départ était donné de Cublize. Nous étions 3 CIA au départ : Nicolas V. (qui avait écrasé la concurrence l’an dernier), Kévin P. (1ère CO en solo) et moi (assez habitué à orienter mais en déficit d’entraînement physique). Nous sommes tous sur le circuit B (annoncé 15km à vol d’oiseau, 800mD+). Dès le trajet en voiture, l’ambiance est donnée : Kévin apprend qu’il y a de la neige sur le parcours mais il n’a qu’un short… Pourtant les orgas nous avaient bien prévenus : neige entre 10 et 20cm ; boue à gogo et énormes flaques seront les éléments pour cette course. Heureusement, la météo est plutôt clémente : nuageux avec un petit vent bien froid.

[pour voir les cartes et nos traces ; circuit B et tout en bas de la liste : GPS… puis tracer]

Les résultats

 

Le départ se fait en masse depuis le gymnase de Cublize. On commence par monter sur la route dans un lotissement pour étirer le peloton. Perso, je connais déjà un peu le terrain vu que c’était celui du Raid Obivwak de l’an dernier. Comme prévu, Nicolas et Kévin partent vite. Je trouve mon rythme qui correspond à celui des 1ères féminines.

La 1ère balise est vite trouvée mais les filles relancent beaucoup trop souvent pour moi. Je lâche donc progressivement le train et me concentre sur mon orientation. A la sortie du poste 2, je suis particulièrement surpris de croiser Nicolas qui va le poinçonner! Il a fait un mauvais choix en contournant la forêt par la droite ce qui imposait un peu plus de dénivelé. Je reste dans ma course et fait le choix de limiter le déniveler pour la 4. Nicolas me double rapidement, je me dis que je ne le reverrai plus. Je décide de couper un peu pour aller chercher la 4. Je ne pense pas que c’était le meilleur choix vu que je me retrouve à faire la trace dans un grand champ de neige vierge. C’est beau mais ça use ! Pour aller chercher la 5, je fais l’erreur d’aller chercher le chemin au dessus. Dommage, je prends trop de dénivelé et ma progression est lente vu que le chemin est bien enneigé.

La 6 s’enchaîne bien même si le flanc n’est pas évident à tenir vu comme le terrain est gras. Je l’apprendrai plus tard mais Nicolas a pris un énorme vol sur ce poste et a tourné plus de 30min pour le trouver. Pour la 7, je décide encore de limiter le dénivelé en faisant le tour par la route. Le choix était plutôt bon mais cela nécessite de beaucoup courir et sur la fin, je suis perturbé par une propriété privée. Je la contourne et une fois revenu sur la route, je prends une petite trace en forêt alors que la route était aussi directe mais bien plus rapide. Enfin, je me plante de chemin pour l’approche finale du poste. Je m’en aperçois mais cela m’oblige à couper dans un champ de ronces. Heureusement, la neige m’aide à ne pas trop m’enfoncer mais ce passage laisse des marques.

Au poste 7, je retrouve Kévin ! On repart en même temps mais on fait un choix différent : je choisi de remonter par une forêt peu dense ; lui ne regarde pas la pénétrabilité de la forêt et s’engage le long du ruisseau. La carte était peu engageante pourtant il s’en sort bien. On se retrouve juste après le poste 8. On est tous les 2 surpris : je ne pensais pas qu’il s’en sortirai aussi rapidement et lui n’a pas compris comment en courant tout le long du poste à poste, il n’a pas réussi à me distancer alors que j’ai fait mon choix principalement en marchant. La sortie du poste 8 n’est pas évidente avec la neige et nombreux sont ceux qui sont bien perdus. Je ne suis pas serein mais j’arrive à me recadrer. J’indique le chemin à 2 personnes particulièrement surprises de l’endroit où nous sommes.

La fin d’approche du poste 9 me permet de mettre ma veste ; je sens que malgré les barres, mon corps puise dans ses réserves pour luter contre le froid et il reste encore la moitié de la course à faire ! J’apprendrai à la fin que Kévin fera malheureusement une erreur sur ce poste à poste en descendant trop bas. Les postes suivant s’enchainent bien. On est plusieurs assez proche et le rythme est bon. Je descends un peu trop bas pour aller chercher la 11.

Puis c’est le drame ! Une orienteuse me fait remarquer qu’on s’écarte beaucoup trop de la direction du poste 12… Effectivement, je ne suis plus lucide : dans ma tête je m’étais décalé d’un poste et je pensais que je venais de poinçonner le poste 10 au lieu du 11. Grâce à elle, l’erreur n’est pas importante et on attaque à remonter droit dans la pente. C’est le tournant de ma course : je n’ai plus de jambes ; impossible de garder le rythme ou de relancer. J’arrive tant bien que mal au poste 12.

Le poste à poste vers le 13 est superbe avec un chemin de neige en faux plat descendant mais je n’arrive plus à courir. Je me dis qu’il faut surtout que je ne me pousse pas plus dans le rouge pour continuer à assurer l’orientation. La descente est géniale tout droit dans les sapins. Avec le nombre de personnes passées devant, cela ressemble à une véritable piste de ski ! J’avoue que la suite sera presque sans saveur pour moi : je reste concentré sur la carte et les jambes ne répondent plus.

J’imagine déjà Nicolas et Kévin en train d’attendre (voire de prendre froid…) à l’arrivée que je leur apporte les clés de la voiture. En fait, ils sont derrière et autant en souffrance que moi! Les postes restent techniquement intéressants mais je suis vraiment passé en mode robot. Le retour sur la route au poste 19 n’arrange pas les choses. Je regarde ma montre, « allez il faut que je reste sous les 4h00 ».

Les derniers postes (20-21) ne sont vraiment pas évidents mais la marche sur la route m’a permis de bien les préparer. La dernière ligne droite le long de la rivière me paraît durer une éternité ! Surtout qu’un coureur du circuit A me double. Je tente de prendre sa foulée mais il ne me reste vraiment plus de jus…

Je finis en 3h49 ; 19ème(/63) à 1h20 du 1er (d’après le GPS : 20km, 1000mD+) Le résultat en lui-même est plutôt bon, dommage que le manque d’entraînement se soit fait autant ressentir ; les personnes avec moi au poste 11 finissent entre 12 et 20min plus tôt. Mes collègues de boulot (qui courraient le D) me chambrent quand ils voient mon état mais ils m’apprennent que j’ai gagné une bouteille de bière au tirage au sort !

Je cherche dans la salle mes 2 compères. Impossible de les trouver… Pour moi, c’est juste inimaginable qu’ils n’aient pas encore fini. Et pourtant, Kévin arrive en 3h56 (23ème) en ayant souffert avec juste un short et Nicolas arrivera au bout après 4h23 (32ème: 26km, 1150mD+). Je crois que je n’avais jamais vu Nicolas dans cet état : totalement lessivé !

 

Un grand merci à l’organisation pour ce très bel événement. Le terrain était difficile pour les coureurs mais aussi pour les bénévoles ; un sacré savoir faire que d’être capable de maintenir un événement de cet ampleur avec autant de neige !

Cédric L.